Retour

Guilde : Elelidia

Top Nom Rang Réputation Expérience Or Level
1 ONI 61 81069346 14380207 75
2 MELINA 20 57397189 23002007 69
3 FLOWEY 1861 81773581 1432174 75
4 EVILIOR 1486 93866235 17942958 75
5 KEITO 1183 82510606 3478227 75
6 WESKER 1121 81068198 4118932 75
7 SEIJRO 0 64190272 7216744 71
8 EMBRUN 0 60202748 9051858 70
9 DELVAR 0 14762272 607567 50
10 IDUNN 0 2228483 353148 32
11 MATAKARA 0 568372 128730 21
12 MINICHARADE 791 55514 50070 10
13 AHGASE 544 80258196 16132787 75
14 SOFYANE 8 116901677 11714168 75
15 DOOMGUY 0 81073642 13298253 75
16 BONNETMAN 0 81854948 10009152 75
17 LAYLA 0 81069412 8472048 75
18 PRINCESSE 4 50834753 10334746 67
19 CONRAD 0 56584506 3145294 69
20 ASMARA 0 1003263 384468 26
21 ARSENAL 0 530319 58229 21
22 MADELEINE 9 51410 19103 10
23 HATHANE 0 264791 662024 17





(Cliquez sur la bannière pour accéder au forum)



/!\ EN CONSTRUCTION /!\


ELELIDIA recrute. Quelques règles sont à respecter si vous souhaitez rejoindre nos rangs et entrer dans cette magnifique cité :



- Respecter la communauté.

- Ne pas écrire en SMS (Faire quelques fautes d'orthographe c'est normal, mais pas de "Slt b1 ou koi?").

- Ne pas passer pour un boulet auprès des autres guildes/joueurs.

- Flooder le /all est totalement interdit.




Elelidia renaît !!


La cité perdue ouvre à nouveau ses portes aux aventuriers égarés. Entre les murs de marbre blanc de cette ancienne cité elfique, vous trouverez de quoi vous remettre d'aplomb avant de repartir à l'aventure !

La guilde des aventuriers d'Elelidia est constituée d'aventuriers qui, perdus, à bout de souffle, au bord de la mort, ont trouvé la fabuleuse cité. Melina et Zora l'ont réhabilitée et l'ont rendue à nouveau habitable pour venir en aide aux aventuriers perdus. Tous ceux qui composent la guilde d'Elelidia ont, pour une raison ou une autre, décidé de faire de la cité perdue leur point d'ancrage, leur port d'attache. Nous offrons de l'aide aux aventuriers et aux voyageurs égarés.

Il y a quelques années, SO mourrait, et la guilde avec elle... Mais nous sommes revenus, et Elelidia ouvre à nouveaux ses portes. Hélas, Zora n'est plus. La pauvre petite tiny au bonnet jaune est portée disparue... C'est donc la capitaine Oni, la pirate justicière, qui comblera le vide laissé par la minuscule tiny.

Beaucoup de membres nous ont quitté, pour ainsi dire tous. Des aventuriers qui ont finalement repris du poil de la bête et pour qui la cité d'Elelidia n'était qu'un point de passage. Aujourd'hui nous accueillons de nouveaux aventuriers. Ensemble, reconstruisons cette merveilleuse cité elfique !


(Grades de la guilde fait par Livai)





Histoire de la guilde



I. La découverte d'Elelidia, la cité perdue, par Melina



Quand Melina était petite, son père lui racontait souvent des histoires d’aventures et de voyages. Il disait qu’il avait été aventurier dans sa jeunesse, même si la mère de Melina disait que c’était faux et qu’il avait toujours été fermier.

Durant son enfance, le soir avant d'aller dormir, Melina adorait que son père lui raconte les histoires qu'il avait vécu dans sa jeunesse. Sa préférée était celle de la fameuse cité perdue d'Elelidia. Cette cité qui avait pour réputation de n'apparaître que rarement, en cas de souffrance absolue...

Son père affirmait l'avoir vu, tandis que sa mère et les autres villageois disaient que ce n'était qu'une rumeur et que ce mirage n'existait pas. Les années passèrent et Melina grandit. Malheureusement pour elle, son père, gravement malade, perdit la vie. Alors qu'elle n'avait pas encore 14 ans, Melina voyait sa mère changer de jour en jour suite au décès de son mari. Elle passait son temps à boire et se prendre la tête avec sa fille.

Melina repensa alors à toutes les aventures que son père lui avait racontées avant son décès, elle qui voyait sa mère de plus en plus alcoolique, dépressive, mais surtout agressive. Elle prit alors la décision de prendre la dague de son défunt père, quelques vêtements, un sac et quelques pièces d'or, puis quitta la maison en laissant un mot dans la cuisine pour que sa mère puisse le lire.

"Maman, tu disais que les aventures de Papa étaient fausses, je décide d'aller vérifier par moi-même."

Elle prit alors la direction du Nord de son petit village et partit à l'aventure, seule dans la nature. Au bout de quelques heures de marche, Melina s'était déjà perdue au fin fond d'une forêt. Elle entendait des bruits bizarres, des craquements de branches cassées, le vent qui soufflait, assez fort, donnait lieu à des sons stridents, pas très rassurants.

La nuit commença à tomber, et Melina était toujours perdue au fond de la forêt. La faim commençait à rappliquer, elle avait seulement quelques petits gâteaux dans son sac... Elle décida d'aller voir s'il n'y avait pas de la nourriture, mais rien... La nuit était belle et bien présente, et Melina était toujours là, perdue dans la forêt. Elle décida alors de grimper sur un arbre pour y passer la nuit, évitant ainsi tout affrontement avec les animaux tous aussi féroces les uns que les autres.

La nuit fut longue, très longue pour Melina, mais le jour se leva, le soleil fit son apparition petit à petit. Melina repartit alors à l'aventure, le ventre toujours vide depuis la veille. Aucune goutte d'eau n'avait été bue, aucune bouchée n'avait été avalée. Et ce n'était que le premier jour d'aventure pour Melina.

Au bout de plusieurs heures de marche, elle trouva enfin une sortie de cette première galère. La forêt avait enfin été traversée…

Les jours passèrent, et Melina traversa des marécages d'eau boueuses, des montagnes, des collines… Entre-temps, bien évidemment, elle trouva quelques poissons et de l'eau, pour se nourrir et boire. Une semaine s'était écoulée depuis le départ de Melina, et sa mère n'avait toujours pas de nouvelles de sa fille. Chaque jour qui passait, elle s'inquiète de ne pas voir revenir sa fille…

Elle marcha, encore et encore, jusqu'à tomber nez à nez avec un désert. Au loin, elle vit une sorte d'île magnifique, et entra sans plus tarder dans ce désert... Le temps passait et les réserves que Melina avait prises dans son sac en cas d'extrême galère, une gourde d'eau et quelques biscuits, étaient alors nécessaires…

Elle continua à aller de l'avant, puis tourna un tour complet sur elle-même, et là... Le vide total, rien, strictement rien dans les alentours... Était-ce une imagination ? La fatigue, l'épuisement lui auraient-ils joué un mauvais tour ?

Une tempête se déclara, et Melina était toujours en pleins milieu du désert. La tempête souffla de plus en plus. Melina en perdit l'équilibre et s'écroula... Elle resta allongée par terre, la tête dans ses bras pour éviter que le sable ne lui vienne dans les yeux, et perdit connaissance, sûrement à cause de la fatigue de ces dernières journées de galère...

Alors que la tempête s'était arrêtée, Melina fut réveillée par une voix. Une voix grave, qui lui disait de ne pas lâcher, et qu'elle serait alors récompensée. Elle leva la tête et... Personne, il n'y avait personne... Était-ce encore son imagination due au manque de sommeil, de nourriture, d'eau ?

Elle se leva puis se tourna, et vit au loin, encore une fois, une lumière blanche, un énorme portail... Mais difficile de bien voir, avec un soleil aussi puissant... Elle prit la direction de cette lumière blanche. Encore une fois, les minutes, les heures passèrent, et cette fameuse lueur blanche avait à nouveau disparu...

Son corps commençait à ne plus suivre le rythme, ses jambes tremblaient, alors qu'elle essayait tant bien que mal d'avancer dans ce désert... Sa gorge était sèche, son estomac vide. Melina se voyait partir petit à petit. Elle comprit que ce désert serait sûrement son tombeau. Elle s'écroula à nouveau, puis dans un dernier petit effort, elle se leva en s'appuyant contre un mur...

Un mur ? En plein milieu du désert ?.. Elle leva la tête et vit alors un énorme portail incrusté de mille pierres précieuses... Ce portail aussi immense que magnifique s'ouvrit devant elle.

La vision que lui offrait l'intérieur de ce portail était d'une tout autre beauté, bien différente de la vue du désert, du sable à perte de vue... Les cascades qui coulaient le long des murs, des énormes arbres, tous aussi magnifiques les uns que les autres, un paysage magnifique, digne d'un conte de fée... Un conte de fée ? D'après ce que sa mère disait...

Son père, lui, disait avoir connu cela. La fameuse cité perdue d'Elelidia, qui n'apparaissait que pour les aventuriers en souffrance… Mais alors… Serait-ce vraiment cette fameuse cité perdue ? Serait-ce alors la cité dont son père lui avait parlé ?

Elle regarda le ciel, et repensa à la fameuse voix qui l'avait réveillée quelques heures auparavant, et qui n'était autre que celle de son père… Elle repensa aussi à toutes les histoires que son père lui racontait quand elle était petite...

Melina franchit cet immense portail et entra dans la cité. ELELIDIA était écrit sur le tout premier mur, avec des magnifiques pierres précieuses…

"Papa, j'ai réussi. Tu avais raison..."



II. Zora arrive à Elelidia




Chez les Tinymonys, les filles sont très rares. Ainsi Zora était la seule fille de son village.

Après avoir passé une enfance heureuse dans les galeries de son village vint le temps de l'adolescence. Ses anciens camarades de jeux devenaient de plus en plus étranges avec elle. Quand ils étaient en groupe, ils la rejetaient, riant bêtement. Mais quand ils étaient seuls avec elle, ils se mettaient à rougir et à bafouiller.

Au fil des années, les placards de la chambre de Zora s'étaient remplis de tous les cadeaux que ses camarades Tinys lui offraient, chapardés ici et là. Au début, Zora était ravie. Mais devenir le centre d'attention et le seul sujet de conversation de tous ses amis commençait peu à peu à l'énerver.

Puis, une fois l'âge adulte atteint, les autres Tinys commencèrent à la demander en mariage. D'abord un, puis un autre, puis deux. Bientôt tous les Tinys de son âge voulaient l'épouser.

Mais Zora n'avait aucune envie de se marier. Elle était trop jeune ! Elle décida donc un jour de quitter son village et de partir à l'aventure. Elle rajusta son petit bonnet jaune, mit son baluchon sur l'épaule, prit une grande respiration et partit.

Un jour, la petite Tiny décida d’aller explorer les marais de Coacville. Les hommes-grenouilles lui avaient ri au nez. Une Tiny dans les marais, c’était hilarant ! Et il faut dire qu’ils avaient raison.

Zora, qui était minuscule comme tous les Tinys, s’embourbait dans les marécages. Elle suait à grosses gouttes en tentant de chasser les énormes mouches vertes qui bourdonnaient tout autour d’elle. La boue lui arrivait au milieu des cuisses et les hautes herbes lui coupaient les bras. Mais sa fierté mal placée la poussait à continuer. Zora était une Tiny impétueuse et obstinée. Stupide et bornée, auraient dit certains.

Cela faisait des heures qu’elle errait dans les marais, progressant avec difficulté. Elle n’avait croisé rien d’autre que des poules d’eau et des mouches… Encore et toujours des mouches, grosses et vrombissantes !

C’était stupide d’être venue dans ces marécages… Elle était idiote, elle s'en rendait compte maintenant… Elle décida de faire demi-tour et de se faire humilier par les hommes-grenouilles… Mais alors qu’elle se retournait, elle réalisa avec horreur qu’elle était perdue ! Ses traces de pas avaient disparu sous la boue, et elle ne voyait pas plus loin que quelques mètres avec tous ces arbres. Elle commença à paniquer et à courir dans toutes les directions. En vain…

Elle finit par se calmer et tenta de réfléchir. Personne n’enverrait des secours pour une petite Tiny insignifiante. Elle devrait s’en sortir elle-même… ou mourir. Elle décida de marcher tout droit dans une direction quelconque. Ce marais avait forcément une fin, en marchant tout droit elle arriverait à sortir !

Mais c’était une mauvaise idée. Il était pratiquement impossible de suivre une ligne droite entre les arbres, les mares, les collines de boue. Alors que la chaleur l’étouffait, elle pensa qu’elle avait dû tourner en rond et changea de cap.

Au bout de quelques heures, elle s’arrêta contre le tronc d’un arbre. Elle était essoufflée et n’avait presque plus d’eau. Elle allait être obligée de passer la nuit dans ce marécage puant…

Soudain, Zora entendit un bruit de succion tout près d’elle. Un monstre ? Elle dégaina la dague qui lui servait d’épée et voulut se retourner. Mais elle n’arrivait pas à bouger ! Ses pieds étaient comme paralysés ! Elle baissa les yeux et poussa un cri de panique. Des sables mouvants ! Elle était déjà enfoncée jusqu’à la taille. Elle tenta de se débattre, mais chaque mouvement l’enfonçait encore plus. Elle cherchait désespérément une branche à laquelle se rattraper. Elle en trouva une presque à portée de bras, l'attrapa, et utilisa ses dernières forces pour se hisser sur le bord.

Allongée par terre, dans la gadoue, elle reprit son souffle avec difficulté. Elle avait réussi à se sortir de ce piège mortel, mais elle était toujours perdue… Et cette grosse mouche verte qui venait vrombir autour d'elle ! Elle la chassa d'un geste de la main, et la suivit du regard, la fixant d'un œil noir. La mouche était énorme, et verdâtre, et très grosse, et très verte, et assez moche. Elle vrombit encore un peu et se posa sur un drôle de caillou bleu.

Fronçant les sourcils, Zora se releva. Sa jolie tenue jaune était pleine de boue. Elle s'épousseta, ce qui eut pour effet d'étaler encore plus la gadoue, et s'approcha de ce drôle de caillou. Elle n'était pas experte, mais cela avait tout l'air d'être une pierre précieuse ! Et il y en avait d'autres ! Des vertes, des rouges, des blanches ! De toutes les couleurs !

Elle écarta la végétation. Sous ses yeux ébahis, une porte était apparue, en plein milieu du marais ! Elle était pourtant sûre de ne pas l’avoir vu quelques minutes plus tôt. Une porte immense, taillée dans le marbre et ornée de mille pierres précieuses scintillantes. La porte s’ouvrit avec un bruit sourd devant elle. Elelidia. La cité perdue. Zora enfonça son bonnet jaune sur la tête et franchit la porte.




III. Elelidia et la guilde des aventuriers




Zora n'en croyait pas ses yeux. Elle venait de pénétrer dans une magnifique cité ! En plein milieu des marais puants ! Comment était-ce possible ? Devant elle s'étendaient des avenues, bordées de bâtiments de pierre blanche. Il y avait de l'eau, claire et pure, rien à voir avec l'eau croupie et pleine de vase des marécages… Quant à la végétation, elle semblait avoir envahi les lieux, mais n'avait encore une fois rien à voir avec la végétation des marais. Cela ressemblait plus à une forêt comme celle où se trouvait le village de Zora. Les arbres poussaient haut, et les branches abîmaient les murs des bâtiments. Le lierre recouvrait les façades et des racines passaient en plein milieu des allées.

Surprise, Zora s'avança prudemment dans cette étrange cité. Elle observait les alentours d'un œil méfiant. Tout semblait vide, elle n'entendait que le gazouillis des oiseaux. Très agréable, après le vrombissement des grosses mouches vertes des marais…

Elle s'approcha d'un ruisseau et, n'y tenant plus, elle abandonna sa méfiance et s'élança. De l'eau !! Enfin ! Elle enleva son bonnet jaune et plongea la tête dans le ruisseau, buvant tout son saoul. Ah, cela faisait du bien ! Elle en profita également pour nettoyer ses vêtements plein de boue.

"Alors, ça va mieux ?"

Zora se retourna, empoignant sa dague à deux mains.

"Qui est là ?!"

"Du calme, je ne te veux aucun mal !"

L'intruse était une jeune femme humaine, qui avait l'air plus jeune encore que Zora. La petite Tiny baissa son arme, mais la garda tout de même en main.

"Toi aussi tu as trouvé cette cité dans le marais ?" demanda-t-elle.

"Non, moi je l'ai trouvée dans un désert," annonça la jeune fille, d'un ton amusé.

"Un désert ? Mais…"

"Je vais tout t'expliquer. Suis moi !"

La jeune fille fit signe à Zora, puis s'en alla vers l'intérieur de la cité. Zora vissa son bonnet sur sa tête et crapahuta à sa suite, peinant à la suivre à cause de ses petites jambes. Elle se demandait où l'emmenait cette jeune humaine. Etait-ce un piège ?

"Je m'appelle Melina," dit la jeune fille. "Et toi ?"

"Zora. Dis, on va où là ?"

"Tu vas voir. Cette cité est spéciale. Je suis là depuis quelques jours, j'ai trouvé plein de choses intéressantes !"

"Hum…"

Zora continua à suivre cette Melina, toujours méfiante. Elles traversèrent des allées envahies d'arbres, de bâtiments à la pierre blanche et de cascades coulant le long des murs. Ça et là, des pierres précieuses étaient incrustées dans les murs.

Melina écarta quelques branches, et emmena la petite Tiny dans un bâtiment. Zora ouvrit des yeux ronds. L'intérieur était gigantesque, et ressemblait à un temple. Il y avait des statues en ruine, un autel, des bancs, et aux murs s'alignaient des fresques et des mosaïques. Elles étaient abîmées mais, malgré leur état, elles semblaient témoigner d'une grande finesse.

"Ohhhh !" s'exclama Zora, ébahie. Qui aurait cru qu'elle trouverait un tel endroit dans ce marécage puant ?

"Je ne comprend pas ce qui est écrit, mais voila ce que j'ai pu comprendre des images", expliqua Melina. "Cette cité s'appelle Elelidia, c'était marqué au dessus des portes. Dans notre langue, bizarrement. Le reste, par contre…" Elle s'avança et toucha une fresque, représentant une merveilleuse cité blanche un peu jaunie par le temps. "J'ai l'impression que ce sont des elfes qui ont construit cet endroit, il y a très longtemps. Je ne sais pas pourquoi. Mais elle n'est pas à un endroit fixe, elle change de lieu à volonté."

"Comment est-ce possible ?"

"Je ne sais pas, je ne suis pas une elfe !"

"Oui, bon… Et après ?" demanda-t-elle, se mettant sur la pointe des pieds pour mieux voir les fresques.

"Après, la cité a été abandonnée. C'est flou, il manque un morceau. Est-ce que tout le monde est parti ? Ou mort ? Et pourquoi ?"

"Une ancienne cité elfique abandonnée… Et on vient de la découvrir !! On va devenir riches, Melina !"

"Mais non enfin ! Tu n'imagines pas qu'on est les premières à passer par ici ?!"

"Humph… Bah où sont les autres ?" demanda Zora, lançant des regards autour d'elle.

"J'ai trouvé des traces de passage d'aventuriers, dans d'autres bâtiments. Des feux de camps, des objets oubliés…" reprit Melina. "Quand j'étais petite, mon père disait qu'il avait visité cette cité, mais tout le monde croyait que c'était des bobards ! Finalement elle existait !"

Zora acquiesça, faisant dodeliner le pompon de son bonnet. Elle observa les autres fresques, représentant Elelidia au temps de sa gloire. Les personnages avaient de grandes oreilles, alors il s'agissait probablement d'elfes, comme l'avait dit Melina. Mais l'écriture était illisible. Peut-être que des elfes arriveraient encore à déchiffrer, mais certainement pas les deux jeunes femmes.

"Et donc, cette cité apparaît aux aventuriers perdus," conclut Melina.

"C'est pratique ! Sans cette cité, je serais sûrement morte…"

"Moi aussi… J'étais en train de mourir de soif, j'ai bien cru que c'était un mirage…"

Melina était ravie d'avoir retrouvé la cité dont parlait son père. Cet endroit était merveilleux ! Elle emmena Zora hors du temple, et lui montra tout ce qu'elle avait trouvé depuis qu'elle était là.

Pendant des jours, les deux jeunes femmes explorèrent la cité autant qu'elles pouvaient, liant au passage leur amitié. Même s'il n'y avait qu'elles, la cité regorgeait de vie. La végétation était luxuriante et envahissait tout. Il y avait des oiseaux, des grenouilles, des insectes, des campagnols, quelques blobs… L'eau était en abondance, il n'y avait qu'à se baisser pour boire à un ruisseau ou à une des fontaines qui fonctionnaient encore. La nourriture aussi, les arbres regorgeant de fruits et les animaux se laissant facilement chasser. D'ailleurs, Melina n'avait pas menti quand elle parlait de traces du passage d'aventuriers avant elles. Il y avait ici et là des restes de repas, des carcasses d'animaux autour de foyers improvisés, ou encore des inscriptions gravées dans la pierre par des voyageurs.

"J'ai décidé de rester ici !" déclara Melina. "J'étais justement partie pour trouver la cité dont parlait mon père. Maintenant que je l'ai trouvée, je ne vais pas la lâcher !"

"Alors je reste aussi ! Chez moi, les autres Tinys veulent m'épouser, j'en ai marre… Et finalement, je crois que je ne suis pas taillée pour l'aventure, les hommes-grenouilles devaient avoir raison… Alors je crois que je serais mieux ici."

Cette décision prise, les deux jeunes femmes décidèrent de remettre Elelidia en état. Si la cité apparaissaient aux aventuriers perdus, autant remettre en état les infrastructures pour les accueillir et les aider du mieux possible.

La tâche était ardue. Heureusement, les deux amies reçurent l'aide de quelques aventuriers de passage, de temps en temps. C'était un travail de longue haleine.

Un soir, alors qu'elles discutaient dans le réfectoire qu'elles venaient tout juste de remettre en état, Melina et Zora décidèrent de fonder une guilde. La guilde des aventuriers d'Elelidia. Une guilde basée ici-même, dont le but serait de rendre la cité habitable, de la faire vivre, et d'aider les aventuriers perdus. Elelidia était un refuge, un sanctuaire même, pour les aventuriers au bord de la mort. La guilde devrait leur apporter des soins, leur proposer un lieu de repos, où ils trouveraient tout le nécessaire et même plus.

Au fil du temps, d'autres aventuriers se joignirent à elles. Tout comme elles, ils n'avaient plus rien à perdre et décidèrent de rester, ou du moins de passer fréquemment, et de s'impliquer dans la vie de la cité perdue.




IV. Elelidia




Grâce à la guilde, Elelidia avait retrouvé un peu de sa superbe d'antan. De nombreux bâtiments étaient toujours à moitié en ruine, envahis par la végétation, encore inutilisés ou à la fonction inconnue. Il restait encore des segments inexplorés de la cité, notamment les sous-sols, qui semblaient former un véritable réseau labyrinthique de galeries.

La guilde avait réhabilité les quartiers autour de la place centrale. Les bâtiments avaient été débarrassés du lierre qui poussait sur leurs murs, retrouvant leur magnifique couleur blanche. Les toits étaient en ardoise et en cuivre vert-de-gris. La végétation avait été taillée, si bien que la cité ne semblait plus aussi sauvage ni abandonnée. Les arbres et les buissons bordaient les allées, il y avait des parcs, des bancs, des ruisseaux…
Les quartiers de la guilde avaient été installés au centre-ville. De grands dortoirs avaient été aménagés, pour les aventuriers de passage, mais les membres de la guilde qui restaient de manière quasi permanente dans la cité avaient pris leurs appartements un peu plus loin, dans des maisons inoccupées. Un réfectoire avait également été ouvert, où les voyageurs pouvaient se restaurer. Une infirmerie permettait de leur apporter des soins. Il y avait également des bains publics, évitant aux voyageurs de se laver à même les ruisseaux et leur proposant de l'eau chaude. Le temple avait été restauré, et des statues de tous les dieux de la Dilia y avaient été installées afin que tous les voyageurs puissent prier à leur guise. Youtaka, un aventurier s'étant joint à la guilde, avait fondé une bibliothèque. Il y conservait des écrits sur la géographie ou les monstres présents dans les différentes contrées de Vesperae, ainsi que tous les documents que les voyageurs voulaient bien lui confier. Eldarian, un autre membre de la guilde, avait ouvert sur la place publique une armurerie, permettant aux aventuriers de repartir avec un équipement tout neuf. Quant au vieil Orfen, le grand-père adoptif de Zora et doyen de la cité, il faisait désormais partie du paysage. Assis sur son banc, il passait son temps à regarder les jambes des jolies aventurières de passage.

La cité en elle-même était entourée de hauts murs de marbre blanc. Puisqu'elle apparaissait partout où les aventuriers avaient besoin d'elle, personne ne savait vraiment où elle était située. Sur une île ? Quelque part sur Vesperae ou sur un autre continent ? Ou bien sur un autre plan ? Personne ne le savait, pas même les membres de la guilde. Pour l'instant, personne n'avait su déchiffrer les antiques inscriptions accompagnant les fresques du temple.

Il y avait deux accès à la cité. Le premier était le grand portail par lequel Melina, Zora et tant d'autres aventuriers étaient passés. D'immenses portes de marbre blanc, finement ouvragées, ornées de mille pierres précieuses. L'autre accès se faisait par la mer. Elelidia disposait d'un port, ainsi que d'une rade fermée par les murs circulaires qui entouraient la cité. Là aussi un immense portail permettait l'accès, directement par la mer. Il était assez haut et large pour laisser passer des navires, et se refermait dès l'embarcation passée.

L'ouverture et la fermeture des portes étaient totalement indépendante de la volonté des occupants de la cité. De même que son apparition à un endroit précis. La cité semblait décider d'elle-même. Les membres de la guilde pouvaient aller et venir à leur guise, retrouvant toujours la cité quand ils en avaient besoin, mais sans avoir aucun contrôle. Seule la cité décidait, et personne n'avait encore identifié son fonctionnement.




V. Disparitions




Voilà quelques années que la guilde s'affairait à remettre la cité en état et à aider les aventuriers de passage. La tâche était longue, car les membres de la guilde étaient avant tout des aventuriers eux-mêmes. Même s'ils contribuaient à la reconstruction de la cité et à la vie des infrastructures qui la composaient, il leur arrivait de repartir à l'aventure pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Melina elle-même avait quitté la cité pour s'engager dans une nouvelle aventure. Youtaka avait délaissé sa bibliothèque pour courir le pays. Quant à Eldarian, il avait fermé son armurerie pour une durée indéterminée.

Elelidia restait donc entre les mains de son intendante, Zora. La petite Tiny continuait à assurer le fonctionnement de la guilde en l'absence de Melina et des autres membres. Elle avait renoncé à partir à l'aventure, depuis sa déconvenue dans les marais…

Elle se sentait parfois un peu seule, lorsque les membres étaient à l'aventure. Bien sûr il y avait toujours quelques voyageurs de passage, mais ils repartaient dès que leur état de santé le permettait. Heureusement, son papy était toujours là. Orfen, doyen du clan Fen et de la guilde, et grand-père adoptif de Zora, passait toujours le plus clair de son temps sur son banc, à nourrir les oiseaux et à observer les jambes des jolies aventurières de passage. Parfois il faisait exprès de faire tomber son cornet acoustique, pour pouvoir se baisser et tenter de regarder sous leurs jupes. Parfois il leur demandait d'être gentilles et de bien vouloir lui ramasser, pour pouvoir regarder leurs arrière-trains alors qu'elles se baissaient. Orfen était trop vieux pour repartir à l'aventure, il fallait bien qu'il trouve quelque chose d'autre à faire !

Zora allait donc s'asseoir avec son papy, dès qu'elle avait un moment de libre. Ils passaient des heures à discuter, Orfen lui apprenant tout ce qu'elle devait savoir sur le clan Fen, dont elle était désormais une héritière.

Mais le vieillard devenait sénile… Il oubliait parfois qu'il était si vieux et décidait alors de quitter son banc pour aller faire des bêtises. Se baigner tout nu dans la fontaine, aller espionner les bains des femmes, dessiner des moustaches sur les antiques fresques du temple, ou encore s'enfuir quand venait l'heure de prendre sa cuillère d'huile de foie de blob… Zora passait alors des heures à lui courir après. Malgré son âge avancé, Orfen avait les jambes solides, et le rattraper n'était pas une mince affaire !

Ce fut au cours d'une de ces ballades improvisées qu'Orfen perdit la vie. Le vieillard s'était enfuit on ne sait où. Zora avait passé des heures à le chercher, avant de retrouver son cornet acoustique abandonné près d'un buisson. Il n'y avait aucune trace de son grand-père dans les parages… Elle fouilla le buisson, et découvrit qu'il dissimulait un trou ! Un sentiment de peur envahit le coeur de la petite Tiny… Orfen n'avait tout de même pas sauté dans ce trou ?! Poussant un soupir en disant que c'était probablement ce qu'il avait fait, connaissant le goût de son papy pour les bêtises, elle s'engouffra dans l'ouverture.

Le réseau de souterrains d'Elelidia n'avait pas encore été exploré et semblait immense. Quelle folie avait prit Orfen d'y entrer seul ! Zora chercha, encore et encore, traversant des galeries et des pièces inutilisées depuis des siècles. Certaines menaçaient de s'écrouler… Elle arriva finalement dans une immense salle souterraine, remplie d'étagères où s'alignaient des centaines, des milliers de flasques, flacons, bouteilles, fioles en tout genre, de tailles, formes, couleurs aussi variées que ce qu'elles semblaient contenir. Dataient-elles de l'époque des premiers occupants d'Elelidia, ou avaient-elles été réunies ici par des générations d'aventuriers perdus ? La réponse n'avait pas d'importance, il fallait retrouver Orfen !

Cette pièce aux fioles avaient bien sûr grandement amusé le vieillard, qui avait décidé de tout goûter. Sauf peut-être celles où flottaient ce qui ressemblait à des morceaux d'être humain… Il y avait plein de potions rigolotes pour faire pousser les poils du nez ou pour changer en crapaud. D'autres semblaient plus énigmatiques, voire dangereuses.

Lorsque Zora retrouva Orfen, il était entendu sur le sol, au milieu d'une dizaine de bouteilles vides. Mort. Dans sa folie, il n'était plus en état de discerner les bouteilles d'alcool des fioles de potions. Le doyen du clan Fen s'était éteint dans ces souterrains inexplorés, succombant au pouvoir d'une potion inconnue.

Zora n'arrivait pas à y croire. Elle s'agrippa de toute la force de ses petits bas au corps déjà froid de son papy bien aimé. Depuis combien de temps était-il mort ? Avait-il souffert ? Combien de temps avait duré son agonie ? Ici, personne n'aurait entendu ses cris de douleur ! Si seulement elle était arrivée plus tôt, aurait-elle pu le sauver ?!

Depuis ce jour, Zora n'était plus que l'ombre d'elle même. Elle ne put jamais faire le deuil de son grand-père. Elle avait l'impression que la cité l'avait trahie ! Orfen était mort entre ces murs, pourtant salvateurs…

La mort d'Orfen faisait de Zora la dernière descendante vivante du clan Fen. Un matin, elle décida qu'elle ne passerait pas une nuit de plus dans cette cité. Elle laissa un mot à Melina, lui annonçant son départ. Elle ne savait pas si elle reviendrait un jour. Elle voulait trouver ce qui restait de l'héritage du clan Fen, de son papy. C'était sa manière de le garder en vie.

Elle rassembla son baluchon et vissa son bonnet jaune sur sa tête. Avec un dernier regard vers la cité qui l'avait sauvée et qui avait tué Orfen, elle s'en alla. A ce jour, personne n'a jamais revu la petite Tiny.




VI. Retour et arrivée




Alors que tous les autres membres de la guilde étaient partis à l'aventure, Orfen était mort et Zora avait disparu, abandonnant la cité à son sort. Pendant des années, la guilde ne remit pas les pieds à Elelidia, qui n'était plus traversée que par quelques aventuriers de passage.

Pourtant, après des années de vadrouille dans la nature, Melina était revenue dans la cité dont son père lui avait tant parlé. Elle ne pensait pas que son absence serait aussi longue, mais les aléas du voyage l'avaient empêchée de revenir plus tôt. Son visage s'était illuminé en voyant au loin les portes blanches si familières. Enfin elle rentrait à la maison !

Hélas, sa joie fut de courte durée. Elle trouva la cité déserte. Bien sûr elle savait que Youtaka et Eldarian étaient également partis à l'aventure, mais qu'en était-il des autres ?

Elle traversa les salles communes, où la poussière recouvrait les meubles. En l'absence des membres de la guilde, les quelques aventuriers de passage avaient profité des infrastructures sans vraiment respecter les lieux. La cité n'était pas redevenue aussi sauvage que la première fois qu'elle l'avait découverte, mais elle trouva ça et là des feux de camp, des restes de repas, des ordures, des objets abandonnés ou oubliés… Alors qu'elle et Zora s'était évertuées à recréer un réfectoire, un dortoir, des bains, et tout le nécessaire ! Pire encore, quelques voyageurs peu scrupuleux avaient pillé la cité !

Deux pensées vinrent à l'esprit de Melina : Est-ce que ces vandales avaient également dévalisé les quartiers privés des membres ? Et où donc était Zora ? Elle avait dit qu'elle ne repartirait plus à l'aventure ! Qu'elle s'occuperait de la cité en son absence !

Avant toute chose, Melina se rendit dans ses quartiers. La serrure était toujours intacte, ouf ! Elle vérifia rapidement les logis des autres membres, tous étaient fermés. La conception elfique et antique des verrous y était sans doute pour quelque chose. La seule question restant en suspens était donc la localisation actuelle de Zora. Vu l'état de la cité, elle n'y était pas ! Jamais la petite Tiny n'aurait supporté de tels manquements aux règles !

Melina chercha partout, sans trouver la moindre trace de la Tiny. Elle fit néanmoins une découverte, qui emplit son cœur de tristesse. Dans un petit jardin à l'écart, loin du centre-ville, s'élevait une stèle. Une pierre tombale, portant le nom d'Orfen. Melina sentit une larme perler sur sa joue, et s'accorda un moment de recueillement. Le doyen de la cité, qui faisait presque partie du décor et que tous appréciaient, était mort. Et elle n'avait même pas été là pour ses derniers instants… Elle n'avait même pas été là pour soutenir Zora, qui avait dû endurer seule la perte de son grand-père…

Ce ne fut que le soir que Melina trouva le mot de Zora. Elle rentra chez elle, épuisée et triste. Le parchemin était là, sur le sol, recouvert d'une couche de poussière. Zora l'avait probablement glissé sous la porte il y a un certain temps. Elle y annonçait la mort d'Orfen, dans des circonstances tragiques et étranges, et son départ. Elle ne savait pas si elle reviendrait un jour. Elelidia l'avait trahie.

Melina s'en voulu de ne pas avoir été là. Les choses se seraient peut-être déroulées différemment… L'accident d'Orfen aurait peut-être pu être évité ! Elle aurait pu essayer de raisonner Zora ! Si seulement elle avait été là…

Mais elle était rentrée désormais. Et elle était la seule membre restante de la guilde. Il faudrait repartir de zéro. Remettre les lieux en état, nettoyer, défricher car la végétation avait à nouveau envahi les parties communes, et rétablir le fonctionnement des infrastructures. Elelidia était son foyer, elle ne l'abandonnerait plus de la sorte ! Elle était leadeuse de la guilde, elle s'en montrerait à la hauteur ! Pour Elelidia, pour son père, et pour Zora, elle ne laisserait plus tomber la cité !

Pendant des jours elle s'évertua à la tâche, seule. Elle avait oublié à quel point c'était dur ! Des souvenirs lui revinrent de la première fois, quand elle avait tout remis en état avec son amie Tiny. Elelidia était un joyau, elle ne pouvait pas rester ainsi à l'abandon ! Et si elle devait repartir de zéro seule, elle le ferait ! Mais elle ne serait pas contre une paire de bras supplémentaire…

Alors même qu'elle pensait cela, elle entendit le grondement sourd des lourdes portes de la cité. Elelidia avait-elle lu dans son esprit ? Elle abandonna sur le champ son balayage du réfectoire et s'élança vers les portes, où un aventurier perdu avait sûrement besoin d'aide.

Les portes blanches se refermaient quand elle arriva, mais elle eut le temps de voir une forêt. Voilà donc où s'était perdue cette silhouette, à genoux sur le sol. Melina s'avança.

"Bienvenue dans la cité d'Elelidia," annonça-t-elle d'une voix claire. "Tu es blessé ? Ici tu trouvera des soins et de la nourriture."

La silhouette portait un chapeau. Un tricorne, visiblement. Alors qu'elle avançait, Melina put distinguer un long manteau noir, brodé de liserés dorés et orné de deux rangées de boutons d'argent. Une rapière était ceinte au côté de la silhouette. Un pirate ? Melina s'arrêta à une distance respectable, méfiante. Elle ne rechignait pas à offrir de l'aide à qui en avait besoin, mais elle préférait d'abord s'assurer qu'elle ne risquait rien. Les vêtements de l'inconnu était déchiré par endroit, et une branche était plantée dans son tricorne.

La silhouette releva la tête, et Melina pu constater qu'il s'agissait d'une femme. Son visage était encadré par des cheveux blonds mi-longs, rebiquant sur les côtés. La pirate leva des yeux fous vers elle et s'élança, trop vite pour que Melina puisse l'en empêcher. Elle l'agrippa par les épaules, et Melina pu se rendre compte qu'elle n'était pas très grande et que son haleine empestait le rhum bon marché.

"A boire !" s'écria la pirate d'une voix pâteuse, secouant presque Melina.

"Euaaahhh oui d'accord, mais lâche moi !"

La pirate la relâcha et retomba par terre, haletant. Melina décida que c'était mieux de la laisser là, et partit chercher de quoi lui donner à boire.

Elle revint quelques instants plus tard, munie d'une cruche remplie à ras bord. La pirate lui arracha des mains et se jeta dessus, buvant tout son soûl. Elle devait ne pas avoir bu depuis plusieurs jours, comme beaucoup d'aventuriers arrivant ici. Heureusement qu'elle avait trouvé la cité.

"Pouah ! De l'eau !!" s'exclama l'inconnue avec une grimace, bien qu'elle ait quand même bu une bonne partie du contenu de la cruche. "C'est de rhum dont j'ai besoin !"

"Tu étais en train de mourir de soif, c'est de l'eau qu'il te fallait…"

"N'importe quoi ! Rien ne désaltère mieux que le rhum, tu peux me croire !"

"Humph… Oui, bon…" Melina n'était pas sûre d'avoir envie d'aider cette pirate, mais elle devait accomplir son devoir. "Tu es à Elelidia, une cité perdue qui apparaît aux aventuriers dans le besoin. Si tu es blessée ou que tu as besoin de te reposer, tu peux rester ici. Je suis Melina, je gère cette cité."

Ce qui était sûr c'est que si cette pirate restait dans la cité, Melina fermerait sa porte à double tour… La pirate regarda autour d'elle, voyant enfin véritablement la cité. Le marbre, les pierres blanches, les pierres précieuses, l'or… Elle écarquilla les yeux d'émerveillement. Ensuite elle entreprit d'étudier Melina, la dévisageant intensément et l'examinant de la tête aux pieds. Un sourire éclaira son visage et elle ôta son tricorne.

"Mais où avais-je la tête, je ne me suis même pas présentée… Je suis la capitaine Oni, pirate et justicière." Elle s'inclina en faisant un moulinet avec son chapeau. "Merci de m'avoir sauvée. Sans cette étrange cité, j'y serais passée !"

La jeune femme se présentait elle-même comme une pirate, confirmant les craintes de Melina. Elle s'écarta, la considérant avec méfiance.

"Une pirate, hein ? Il n'y a rien à voler ici, tout à déjà été pris…"

"Ah bon ? Et ces joyaux ? Et cet or, un peu partout ?"

"Ils font partie de la cité. Tu aura beau essayer, tu n'arrivera pas à les enlever."

"Oh, j'essaierai…" répondit Oni, une lueur de défi dans le regard.

"Si tu es une pirate, tu n'aurais pas dû arriver par la mer ? Qu'est-ce que tu faisais dans cette forêt ?" demanda Melina, curieuse malgré elle. La pirate se renfrogna et déplanta la branche de son tricorne, avant de le visser sur sa tête.

"Humph… Un marin d'eau douce m'a piqué ma bouteille fétiche… Il ne perd rien pour attendre ! J'essayais de le retrouver, mais je me suis perdue ! Il y a trop d'arbres dans cette forêt, et ça manque de poissons…"

"Une bouteille fétiche ?"

"Ouaip. Elle est très importante pour moi, alors j'ai laissé mon navire au port. Ça faisait des années que je ne m'étais pas aventurée si loin dans les terres. C'est moche une forêt…"

Melina se demandait vaguement ce que contenait cette bouteille pour être si importante aux yeux de cette poivrote. De l'alcool de valeur, probablement…

Melina fit visiter à la pirate les parties communes, où elle pourrait se restaurer, prendre un bain (elle en avait bien besoin) ou se reposer. Oni était fascinée par cette drôle de cité. Elle y passa plusieurs jours, pour se reposer du voyage qui avait failli la tuer. Un soir, lors du repas, elle expliqua à Melina en quoi consistait ses activités de pirates justicières : voler aux riches pour donner aux pauvres, botter les fesses des bourgeois, et parfois se battre contre l'armée. Elle cherchait justement une base pour ses opérations, et cette grande cité vide et coupée du monde semblait idéale ! Elle profita du repas du soir pour questionner Melina.

"Tu es toute seule ici ?"

"Oui."

"Tu as construit tout ça toute seule ?!"

"Mais non, imbécile ! C'est une ancienne cité elfique…"

"Ah…" Oni marqua une pause. Il devait y avoir des trésors cachés quelque part. Puis elle reporta son attention vers Melina, qui était plutôt agréable à regarder. "Si tu as besoin d'un peu de compagnie, je me porte volontaire, héhéhé…"

Melina esquissa une grimace et s'abstint de répondre.

"Les autres membres de la guilde sont absents actuellement, mais ils reviendront."

"Hum… Il y a d'autres filles mignonnes ?"

Melina soupira.

"Tu comptes rester longtemps ? Comme tu le vois, je suis toute seule et j'ai du travail. Je n'ai pas le temps de m'occuper de toi alors que tu n'es plus en danger de mort."

"Tu veux que je m'en ailles, c'est ça ?"

Melina acquiesça, les lèvres pincées. Cette pirate serait une nuisance si elle restait. Et Melina n'osait pas trop se l'avouer, mais elle avait un peu peur… Oni esquissa un sourire en coin.

"Ça tombe mal, j'avais prévu de rester un peu. J'ai besoin d'un point de chute. Il y a un port dans le coin, n'est-ce pas ? Je vais ramener mon bateau."

"Euh… Non non !" Melina détourna les yeux, espérant que son mensonge ferait partir la pirate. Mais cette dernière n'était pas née de la dernière pluie.

"J'ai vu des mouettes, et ça sent la mer…" dit-elle, et Melina s'avoua vaincue. Elle soupira.

"Oui, il y a un accès par la mer… Cette cité apparaît aux aventuriers perdus, et parfois ils sont perdus en mer\lpre133; Mais j'ai du travail, je n'ai pas envie qu'une bande de pirates sales et grossiers viennent envahir la cité !"

Oni ignora allègrement la remarque désobligeante sur son équipage, qui était probablement un peu sale, difficile de faire autrement en mer, mais pas du tout grossier ! Chacun avait mis sa vie au service de la justice !

"Fabuleux !" rétorqua-t-elle. "Je te propose un marché, ma chère : Je me sers d'Elelidia comme mouillage, et en échange mon équipage et moi on te file un coup de main pour l'entretien de la cité ! Qu'est-ce que tu en dis ?"

Melina n'avait pas vraiment le choix, la pirate semblait déjà se considérer chez elle. Elle amènerait son équipage, de gré ou de force. Alors autant les mettre à profit.

"Dehors vous faites ce que vous voulez, mais ici il y a des règles à respecter, d'accord ? C'est à cette condition que je vous autoriserais à venir." Melina ne se faisait pas d'illusion. Elle était seule, elle ne pourrait pas repousser une horde de pirates. Mais contre toute attente, Oni accepta. Peut-être n'était-elle pas si terrible, finalement ?

"Bien sûr, c'est toi la capitaine ici ! On respecte les règles, on te file un coup de main, et en échange tu laisses ton joli nez hors des affaires du Ganglion."

"Le Ganglion ?"

"Mon bateau. Une vraie merveille ! Tu seras jalouse ! Alors, marché conclu ?"

Elle tendit sa main à Melina, qui hésita un instant avant de la serrer. Elle ne savait pas si elle avait raison de faire confiance à cette pirate, mais Elelidia avait besoin de main d'oeuvre. Elle se demandait si Zora approuverait…

Quelques jours plus tard, le grand portail qui servait d'accès maritime à la cité s'ouvrait, et le Ganglion entrait.